NITE CALL

Night photography

My wooed heart palpitates; its pulse swings as I walk on a paved darkened street. A tenement spews a hank and then tufts a critical path like a lighthouse warning of the danger. The car-shaped shadows care for me while I tag on fogged glasses. Elsewhere nobody knows who I am, because I never chase after people; I chase after contours. The gloom speeds up the blood flowing through my body; I am walking every night, hands in my pockets, alone ready to jump in a bunk and close my eyelids to fetch food for thoughts. I dream about dreaming while I succumb to the lure of gazing into one warm household scene -through their window- to twist the cold I combat. Pathfinders tend to become invisible and forsaken; I tend to melt in the corners, drive a senseless car, I get off the beaten track so the city gives birth to shadows. Near the bridge, I empty my pockets and grit my teeth wounding my cheeks. Only dawn frightens my soon sickened down-to-earth skyline; I shall disappear beyond the river before I collapse.
 
 
Sollicité, le cœur palpite, son pouls vibre à la merci du tacle des rues pavées. La tour touffe le chemin, dégueule une pelote; comme un phare, elle annonce à mes cils le danger. Dragué par l’ombre des autos, je marque mon blaze sur fond de vapeur. Ailleurs, ils ne me reconnaissent pas car je ne cours pas après les autres. La nuit emballe le flux dans mon corps ; posément, je circule à pied, comme tous les soirs, seul les mains dans les poches, prêt à me téléporter dans ma piaule où j’oublierai mes paupières. Ce moment, je l’imagine et passe le temps à contempler les châssis des immeubles que je croise. J’espère, d’un coup d’œil, discerner quelques scènes privées à chaleur humaine pour tordre le froid d’un coup d’artichaut ; le poste d’éclaireur appelle à devenir invisible, absent. Je me confonds dans les coins, roule sans manœuvrer le volant, brouille les pistes salubres, je sors des sentiers battus pour que la ville accouche des ombres. Près du pont, je vide mes poches et sert les dents blessant mes joues car mon heure s’efface; il est temps de s’évanouir au-delà du fleuve avant que l’aube ne s’empare du lieu.
 
Denis Pepic pour Maxence Dedry
 
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